Nouvelle : Les fragments de Gaïa

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Nouvelle : Les fragments de Gaïa

Message  Invité le Sam 25 Sep - 16:22

-Cours Nyylha ! Cours ! Par pitié cours !

Le souffle peinant, les poumons à leur limite, les yeux cherchant une issue, une voie, un chemin. Les jambes courraient toutes seules, et les oreilles, elles auraient mieux fait de ne pas fonctionner. Les bruits de pas derrière elle n’avaient rien de rassurant, et les cris encore moins. Pourquoi en étaient-ils arrivés là ? Qu’avaient-ils fait de mal ?

Malk était derrière elle, et courrait lui aussi à perdre haleine, ses jambes suppliaient leur mise à mort, son corps à bout demandait grâce, mais il fallait fuir, s’arrêter, ou même ralentir, et ce serait la fin ; Mais ca n’aurait peut-être pas été plus mal qui sait ? NON ! Il ne fallait pas penser, juste courrir, se mettre à l’abri, se cacher, ils avaient fait ça tant de fois, ils avaient l’habitude, se cacher, ne plus faire de bruit, pas même pour respirer, être invisible, se terrer, attendre, toujours …
Les ténèbres étaient leur compagne de vie, ils vivaient en elles, elle les protégeait, les cachait, elles étaient leur maison, depuis toujours.
Eux par contre, apportaient la lumière, pas celle de l’aube, douce et claire, non, la lumière vive des torches électriques, des tasers survoltés, des fusées de signalisation. Ces couleurs agressives, mauvaises, trop vives pour être naturelles, malsaines… Elles étaient d’autant de signes de mort que ceux qui les amenaient avec eux, les « gardiens »… Soit disant protecteur de l’ordre et de la vie, ils ne faisaient que persécuter tout ceux qu’ils avaient à porter, mais ils étaient surtout les pires chasseurs connus jusqu’à aujourd’hui de mémoire d’homme. Les gardiens sont des machines de guerre, brutales, implacables, impitoyables… La torture est un passe temps qu’ils maîtrisent avec la plus grande précision et la pire cruauté, ils ne reculent devant rien pour accomplir leur devoir, et les croisements génétiques avec plusieurs espèces leur ont donné un immense potentiel de chasse. Des chasseurs discrets, efficaces, rapides, ils savent tuer en un coup, connaissent chacun de vos points vitaux, lisent vos mouvements, votre visage, et calculent tout ce que vous allez faire, de plus, leur endurance est hors du commun.
Ces monstres furent à une époque des héros, reconnus et admirés par tous, un progrès technologique et un énorme pas en avant pour l’homme, ces bêtes étaient sensées devenir les parfaits défenseurs de la race humaine, mais presque toute la population mondiale les voient à juste titre comme son bourreau le plus fervent.
Depuis quelques décennies, les terroristes informatiques avaient été pour la plupart chassés et exécutés, mais l’évolution de l’homme a donné naissance à un nouveau
« fléau », cible des Gardiens :

Les « fragments de Gaïa ». Dans un monde devenu de métal et d’acier, tout était basé sur l’ordre, le respect de la hiérarchie, aucune forme de chaos n’était tolérée, c’est l’une des raisons pour laquelle toute forme de flore est passée sous la main de la modification génétique. Il fallait de l’ordre, de la coordination, aucun élément perturbateur n’était toléré…
Les fragments de Gaïa, eux, étaient des humains qui avaient un pouvoir particulier, ils pouvaient modifier le tissu de la réalité, ils pouvaient générer la vie, créer des éléments en utilisant d’autres comme matière première, et se battaient pour réinstaurer une petite communauté proche de la « vraie » vie, d’une vie organique naturelle, et rêvaient de briser la dictature mécanique et ordonnatrice qui faisait office de loi suprême sur ce monde. Les gardiens, évidement, les ont tout de suite prit en chasse, et torturé atrocement certains d’entre eux pour découvrir leur secret, mais il n’était trouvé qu’un morceau de terre implanté aléatoirement dans leur corps. Ces morceaux n’avaient rien de particulier, juste un taux de minéraux bien plus élevé que la terre de synthèse, mais rien d’autre, personne n’a jamais sut ce qui donnait leurs pouvoirs aux « Fragments ».


-Pourquoi aujourd’hui …. Se demandait Nyylha

Les fumerolles des bouches d’aération s’élevaient dans le ciel obscurcit par le voile sombre de la nuit. Les gratte-ciel étaient toujours aussi imposants et froids, leurs lumières sans chaleur éclairaient partiellement la ville, et des voitures de patrouilles fouillaient les cieux et la terre pour trouver des fragments ou des civils fauteurs de troubles. Les lumières de leurs lampes et de leurs phares balayaient les rues et les tours d’acier, on pouvait même entendre régulièrement les chants des sirènes, parfois des cris, des coups de feu, des hurlements, puis le silence avant d’entendre à nouveau une autre sirène pousser son chant.
Les nuits étaient interminables, cauchemardesques, on vivait caché dans la peur d’entendre le reniflement caractéristique des gardiens, ou d’entendre cette fameuse phrase que tout le monde craint :


-Département de sécurité, je vous arrête, veuillez nous suivre sans sommation !

Les humains avaient apprit à se cacher, à ne pas faire de vague, encore plus les « fragments » qui eux étaient activement recherchés.
Le froid de la nuit durait toute l’année, le soleil, avait dit-on produit son dernier souffle depuis longtemps, qu’il s’était durcit comme de la lave refroidie et que la lumière du « jour » était produite par un réseau spatial d’éclairage surpuissant, ne produisant donc aucune chaleur.
Le vent glacial et rendu acide par la pollution rendait la surface de la terre peu peuplée, hormis la population vivant dans les grands immeubles de métal et d’acier, ceux-là étaient « protégés », les favoris de la société. Les basses classes, elles, étaient situées dans des bidons villes, ou bien dans les souterrains.


-Malk… j’ai faim !

Le garçon soupira et sortit de sa besace usagée un morceau de pain durcit à la limite du comestible, en arracha avec peine un bout et le tendit à sa sœur.


-Tiens, manges …

La petite prit délicatement le morceau de pain, et regardit son frère, son esprit se focalisant sur l’idée de partage, et sur l’inquiétude de ne pas l’avoir vu manger depuis des jours, il devenait de plus en plus maigre. Lui tendant son bout de pain, elle lui souffla :

-Manges aussi toi ! Ton ventre gronde depuis longtemps, tu dois avoir faim toi aussi ! Je veux bien partager avec toi tu sais ?
Malk lui fit un sourire sincère et repoussa l’offrande

-Non, ca va, j’ai juste un peu mal au ventre, c’est tout, allez mange ton pain !


Nyylha mangea son pain, culpabilisant de tout garder pour elle, et ne croyant pas vraiment à ce que lui disait son frère. Cela faisait des jours qu’ils marchaient dans les égouts des souterrains, allant de tunnel en tunnel.

La jeune fille l’ignorait, mais son frère se savait traqué, ils étaient arrivés dans une petite salle isolée, une sorte de refuge abandonné, et s’étaient arrêtés pour dormir un peu. Pendant ces quelques heures de répit, le jeune fragment avait alors repéré des bruits suspects, des sons au loin pas vraiment descriptibles et difficiles à percevoir. Rien de concret, mais il fallait rester sur le qui vive, et il sentait quelque chose de suspect à ne pas avoir dut fuir une patrouille depuis quelques temps, Malk n’aimait pas du tout ça, il savait qu’il y avait quelque chose.
Le lieu de rendez vous était proche, et ses contacts l’avaient assuré qu’il n’y avait rien d’anormal. Les messages qu’il recevait se voyaient réconfortants, et il avait les coordonnées pour le refuge des fragments qui s’étaient regroupés dans les profondeurs de ces souterrains. Il suffirait juste une fois arrivé dans l’antichambre de prouver qu’il était bien un fragment, et la porte s’ouvrirait d’elle-même.
La salle était rectangulaire et étroite, un vieux carton de canettes usagées posé sur une dalle par terre trainait là, et quelques tuyaux éventrés fumaient encore, rendant le plafond presque indécelable. Une fois arrivés dans cette anti chambre, qui il fallait le dire ressemblait plus à un cul de sac perdu dans un dédale de couloirs qu’autre chose..

Malk Se doutait de la marche à suivre. Il s’approcha du petit carton et prit une canette vide et pliée ; Fermant les yeux, il fit appel à cette petite étincelle qu’il avait toujours eut en lui, cette énergie qui se propageait dans tout son corps, et la canalisa dans sa main. Il visualisa un petit pot de terre avec une plante naissante, et commença à sentir une légère fatigue, comme si on lui drainait un peu de lui, un peu de sa vie. Il sentit la vie couler au bout de ses doigts et s’échapper, la canette changea de forme dans la main du garçon, elle devint plus lourde, sa forme reprit une certaine harmonie, et au bout de quelques instants, une odeur nouvelle se fit sentir, une odeur très originale, et très agréable comparée à la puanteur émanant des tuyaux juste au dessus d’eux. Elle était faible à cause des autres odeurs dominantes, mais elle était là, résistant de son mieux dans un combat olfactif qui irait jusqu’à la mort par étouffement de l’une ou l’autre, entre l’huile et les vapeurs de carbone, et celle d’une fleur à l’aube de sa nouvelle vie (ex canette).

Après un souffle d’émerveillement de Nyylha, Malk sourit et ouvra de nouveau les yeux pour regarder sa création. Même si on était traqué, être un Fragment de Gaïa avait quelques avantages il fallait bien l’admettre. Il posa la nouvelle forme de vie à terre, en dessous de gouttes qui fuyaient d’une canalisation au niveau de leurs têtes, mais la dalle qui supportait le pot s’enfonça légèrement sous le poids de celui-ci et on entendit un « clic » métallique. Un pan de mur où étaient accroché des canalisations fictives et profané de tags et de restes de peintures diverses pivota lentement sur lui-même, laissant apparaitre un couloir très étroit et un peu trop sombre. Nyylha était heureuse de voir que l’abri dont lui avait parlé son frère était à leur portée et qu’ils allaient être en sécurité, et s’avanca rapidement avec lui dans le couloir, prenant bien soin de fermer la porte derrière eux.
Une petite veilleuse éclairait la sortie du couloir plusieurs dizaines de mètres devant eux, et ils se mirent donc à avancer, tâtonnant dans l’ombre. Avec l’obscurité, les deux explorateurs butèrent plusieurs fois dans ce qui semblait être des sacs pleins dont ils n’auraient sut dire la contenance, parfois ils percutèrent des objets plus petits et plus légers, le couloir était visiblement très encombré, et leurs pieds trempaient dans dix bons centimètres d’eau. Le bruit de leur pas avaient alerté Malk au plus haut point, se savant très vulnérable dans le noir et facilement repérable avec les clapotements, il demanda donc à sa sœur de marcher le plus doucement possible. Voulant sortir de ce tunnel trop sombre pour lui, il ne s’attarda donc pas à savoir ce que pouvaient bien être ces sacs entassés dans le tunnels, il s’attendait à percuter une caisse ou un râtelier d’armes, mais rien de tel n’apparut.

Cependant, quelque chose gênait l’odorat du fragment, il planait dans ce couloir une puanteur qu’il avait assimilé à celle des égouts et de rats morts quelque part dans le coin, mais l’odeur de mort qui flottait dans l’air l’inquiétait, et le fil de ses pensées fit boule de neige à chacun de ses pas, et tout s’enchaîna très vite. L’odeur de putréfaction n’était pas la seule, il y avait aussi une odeur métallique, acre, et ce qu’il pensait être des armes trempées, pouvait tout aussi bien être autre chose de bien pire. Il fit d’un simple geste silencieux arrêter sa sœur, et l’intima de ne faire aucun bruit. Il plongea sa main dans l’eau, et la ressortit pour la porter à son nez. A ce moment là, l’horreur de la situation lui sauta aux yeux, c’était bien du sang dilué dans de l’eau, beaucoup de sang, et ces « sacs » ne pouvaient être que des restes de cadavres humains, probablement les fragments avec qui il était en contact. Ce qui voulait dire que les petits objets qu’ils avaient percutés étaient des morceaux déchiquetés de ces pauvres personnes.

Son visage, même si personne ne pouvait le voir, perdit alors toute couleurs, de la sueur froide descendit dans son dos, et il sentit la peur planter ses griffes glaciales dans ses tripes et les tordre dans tout les sens. Il prit Nyylha par la main et fit immédiatement demi-tour, d’un pas plus rapide, aussi rapide qu’il pouvait dans un gros effort pour faire le moins de bruit possible, mais quelque chose lui glaça le sang, il savait que c’était un piège, et priait de toute son âme pour qu’ils n’aient pas encore été entendus, mais dans leur début de fuite, il entendait des pas de trop. Il y avait trois personnes qui marchaient dans ce couloir… et visiblement tous les fragments réfugiés avaient été massacrés sans pitié.
Son sang n’eut même pas le temps de faire un tour qu’il cria en oubliant toute forme de discrétion :


-Cours Nyylha ! Cours ! Par pitié cours !

Ils se mirent à courir, se percutant aux cadavres heureusement invisible dans ces ténèbres, ils coururent aussi vite qu’ils purent, mais une voix s’élevait déjà dans les ténèbres :

-Trop tard, fragment, tu vas rejoindre avec la fille les cadavres de cet endroit !

C’était un gardien, il avait dut utiliser les moyens de communication des réfugiés pour attirer tout les fragments de la zone à lui, comme de la nourriture conduite inexorablement vers le trou au centre de l’entonnoir.

Ils fuyaient à perdre haleine, parcourant les mètres qu’ils avaient fait dans l’ignorance, entre ces morts déchiquetés et dévorés, trébuchant et se rattrapant de justesse à chaque fois. La sortie, il fallait atteindre la sortie, et peu importait la suite, courir. Les pas de courses du gardien derrière eux se rapprochaient dangereusement, et on entendait un rire de joie démente résonner dans tout le tunnel, Prométhée, car tel était son nom, était considéré comme l’un des plus dangereux et des plus psychopathes parmi les gardiens, il avait été mit à l’écart en poste fixe dans les égouts, mais il se faisait une joie d’attendre gentiment que des mouches viennent se prendre dans sa toile et de les tuer dans cet environnement lugubre qu’il voyait comme son domaine réservé.

Il riait, ivre de joie dans sa folie meurtrière ; Lui ne jugeait pas et n’exécutait pas, il tuait et dévorait, c’était sa justice, son plaisir. Ses propres confrères en avaient peur, et personne n’osait entrer dans son territoire, par peur de subir le même sort que les humains qu’il croisait : une abomination entre les abominations.

La porte n’était plus bien loin, mais Prométhée non plus, encore quelques mètres et on pourrait activer le système d’ouverture de la porte. Malk hurlait à sa sœur de se dépécher, et la tirait par le poignet pour que la pauvre petite puisse suivre le rythme, ses pieds touchant à peine le sol dans cette course effrénée.

La porte… elle était juste là ! Malk sauta sur le système d’ouverture qu’il avait vu au moment de rentrer dans le sombre couloir, ouvrit juste assez la porte et propulsa Nyylha qui hurlait de frayeur au travers de cet espace

-Cours, va te mettre à l’abri ! Maintenant !

Puis referma la porte aussi vite qu’il put et eut juste le temps de défoncer le poste électrique de toutes ses forces avec son poing encouragé par l’énergie du désespoir, avant de sentir une énorme pression le plaquer contre la porte dans un cri de rage. La pression était incroyable, les bras griffus et surpuissants de Prométhée l’encastraient quasiment dans l’acier de l’entrée secrète, il émettait un grognement primaire de rage, la petite avait réussit à s’échapper, il la retrouverait plus tard.

Il coinca Malk avec ses deux bras, et étant nyctalope put savourer le spectacle du garçon tétanisé de peur, se sachant perdu depuis le début. Il se lécha les crocs, cela faisait longtemps qu’il n’avait pas put avoir de la viande fraiche, le froid des souterrains avait l’avantage de conserver les cadavres dans un relatif bon état de conservation, mais ils pourrissaient quand même, et rien ne valait la joie de plonger ses crocs dans des tripes encore chaudes et gorgées de sang, de sentir le liquide couler sur ses dents, dans sa gorge, et de répandre sa chaleur pendant que les crocs arrachaient morceau par morceau la chair tendre de l’adolescent. Prométhée s’imaginait déjà l’engloutir, la viande jeune étant si agréable sous la dent …

Il passa sa langue sur le cou du garçon, goutant déjà à son futur repas. La sueur etle manque d’hygiène corporelle gâchait un peu la saveur, mais le sang à l’intérieur des veines, bien au chaud, avait un parfum inaltérable. Mais avant, il fallait dire la phrase rituelle, les Gardiens étaient relativement libre de faire ce qu’ils voulaient, mais un minimum de procédure était, quand même, à respecter ! Des petites obligations comme celle d’arrêter un suspect de « fragmentisme » par une phrase rituelle, faisait parties de cette procédure.
-Département de sécurité, vous êtes coupable de détournement de réalité, acte rendu interdit par le décret de loi BXC-370-TR 311, au nom du P.A.V.O.I.S, je vous condamne donc à la peine de mort pour cet acte hérétique et illégal, avez-vous une dernière parole ?
Les larmes de désespoir montaient aux yeux de Malk, il repensa à sa sœur, qu’il savait encore en fuite.

-Pardon petite sœur, pardon de ne pas voir sut te pro…

Ses yeux se révulsèrent quand il sentit un choc dans la poitrine, et qu’il sentit avec horreur des doigts s’agiter à l’intérieur de son corps, des griffes triturant ses organes. Prométhée avait prit un plaisir malsain à l’achever avant qu’il finisse sa phrase, et se délecta de l’incompréhension qu’il put lire dans le regard du malheureux.

-Puissiez vous brûler en enfer, pourritures inférieures

Ses crocs ses plantèrent dans sa gorge alors que Malk rendait son dernier soupir, et dans les ténèbres finirent le destin d’un fragment de plus, dévoré dans l’anonymat et sans aucune autre forme de procès .

Quelques heures plus tard, Nyylha était à bout de souffle, acculée dans le fond d’un cul de sac, repliée sur elle-même. Elle s’était enroulée dans la couverture que lui avait laissé son frère, et n’avait pas arrêté de courir jusqu’à être bloquée ici, où son corps ne lui avait laissé d’autre choix que de s’écrouler pour reprendre son souffle.

Elle pleura pendant un temps infini, le monde n’avait plus d’importance pour elle, ni même le fait de devoir rester cachée, silencieuse. Elle savait que son frère était mort en la protégeant, et s’en voulait d’avoir été un boulet à trainer dans sa fuite, elle pensait que c’était de sa faute, et cela la rongeait au plus haut point. Elle en voulait au monde entier, au PAVOIS, aux gardiens, à ce qui a fait des fragments ce qu’ils sont , et pourquoi ils sont traqués aujourd’hui. Son cœur réclamait vengeance, elle voulait que tout cela s’arrête, elle était partagée entre la colère, la haine des gardiens, et la profondeur sans bornes de sa douleur.

Mais ses pleurs avaient attiré l’attention de Prométhée, qui s’était mis en chasse de la petite dès qu’il en avait eut finit avec son grand frère. Les crocs encore rouges du sang du valeureux, il n’avait put s’empêcher de quitter un moment son territoire pour profiter d’un repas de plus, qui plus est de qualité. La petite n’avait pas du courir bien loin, il la sentait à la trace, et plus il s’approchait d’elle, courant toujours aussi vite qu’il le pouvait, poussé par la faim, plus il entendait ses pleurs. La mort s’approchait donc à grand pas de Nyylha, qui elle était toujours recluse dans son monde de douleur et de larmes.

Sur les derniers mètres, le gardien marcha à une allure tranquille, détendue. Il avait gagné, la traque était terminée pour ces deux là, il allait dévorer la gamine, et il pourrait rentrer dans son territoire profiter de ce festin pour se reposer quelques temps. Elle était roulée en boule, en position fœtale, en larmes. Elle était répugnante, faible, et dire que c’était le lot de tout les humains, d’être aussi impuissants. Les gardiens eux avaient l’avantage d’être supérieurs physiquement et psychiquement, ils étaient l’avenir, l’évolution, pas comme ces stupides fragments avec pour seul pouvoir de changer des détails mineurs du monde. Eux, les gardiens, et le PAVOIS, avaient réussit à changer et à dominer le monde !

-Pour toi petite, je n’ai pas besoin de t’arrêter dans les règles, donc je vais pouvoir bien m’amuser avec toi. J’ai dévoré ton frère un peu trop rapidement pour pouvoir t’attraper ensuite, alors je vais prendre tout mon temps cette fois ci, je veux t’entendre crier à l’aide, et supplier ton frère de venir t’aider… tu vas voir on va bien s’amuser toi et moi …

Il la regardait avec son air malsain qui effrayait tant de ses confrères. Dans ses yeux on pouvait lire toute la folie qui l’habitait à ce moment précis, mais Nyylha ne regardait pas, elle avait entendu mais bouillait de rage d’entendre le gardien parler de la sorte de son frère qui s’était sacrifié pour elle. Elle le haïssait, elle méprisait ces créatures, ces monstres. C’était eux les plaies de ce monde, qui causaient tant de mal, ils ne méritaient que la mort pour tout ce qu’ils ont fait endurer aux humains !

Elle sentit sa haine grandir en elle, croitre de plus en plus et devenir peu à peu incontrôlable. Elle les haïssait, elle les haïssait, elle les haïssait ! Ils ne valaient rien ! Il fallait qu’ils disparaissent, ils devaient disparaître pour toujours, ils ne devaient plus jamais refaire du mal à quelqu’un un jour ! Ils méritaient la mort !

La petite nyylha sentit alors une barrière dans son esprit se briser, quelque chose cassa en elle et, au bord du désespoir le plus total, elle fut envahie par un flot, une marée qu’elle n’aurait put décrire. Comme si la colère qui l’habitait venait de prendre une forme physique et était devenue son sang, fusionnant avec et le remplacant, la faisant bouillir de l’intérieur. Elle sentait sa haine devenir de plus en plus forte, et elle n’était plus désormais qu’une envie, celle de tuer.

Son corps se releva de lui-même, abandonnant par terre la couverture de son frère, et fit face au gardien qui s’amusa du spectacle de voir la petite créature oser se dresser devant lui. Mais le sourire s’effaça bien vite de son visage, Prométhée sentit des picotements apparaitre un peu partout dans son corps, picotements qui devinrent de plus en plus dérangeants, jusqu’à devenir même rapidement douloureux.

-Que… qu’est ce que tu m’as fait misérable cloporte ?!? Arrêtes ça tout de suite ou je t’éviscère sur place !

Mais l’enfant n’entendait plus rien, elle ne sentait plus que cette énergie, cette colère, cette soif de vengeance qui l’habitait. Elle leva un bras tendu vers la créature en face d’elle, et serra le poing sereinement, mais le regard aussi glacial que l’acier de ce monde.

Les picotements devinrent omniprésents dans le corps du gardien, qui sentait la peur monter en lui. Peu à peu, il sentit dans son corps, dans ses veines, quelque chose grandir, pousser, tirer sur les parois de ses vaisseaux sanguins. La douleur commençait à devenir intenable, et des cris de douleur se faisaient entendre. Pour la première fois depuis longtemps, Prométhée souffrait. Il ne savait pas ce qui lui arrivait, ni comment cela se faisait, mais il souffrait atrocement. Bientôt, les cris de douleur se transformèrent en hurlement d’agonie ; Eclatant ses vaisseaux de l’intérieur, et perforant jusqu’à la surface de sa peau poilue, des protubérances ensanglantées sortirent du corps du gardien. Elles étaient tordues, noueuses, et encore petites, mais elles se mirent à grossir, sortant de partout à la fois. Prométhée sentit tout son corps se détruire de l’intérieur, les vaisseaux éclater les un après les autres à l’intérieur même de l’hybride. La souffrance était indescriptible, il sentait son sang couler à flot, cela ne pouvait être possible, et pourtant … Ses yeux et son cerveau également furent atteint, :e gardien pensait alors que sa tête allait exploser :

-NON ! NON ! Qu’est ce que tu m’as fais sale garce ? Je vais te tuer ! Enlèves moi ca !

Une voix sortit alors des lèvres de Nyylha, une voix tout sauf humaine, qui semblait faite de bruissement de milliers d’arbres, du clapotis de milliers de litres d’eau, et de milliers d’éclairs, la nature semblait parler au travers de cette voix, une voix, à l’entendre, d’une puissance millénaire écrasante.
-Abominations, vous avez osé profaner ce monde par votre science et vos artifices, vous avez voulut tout contrôler, subissez maintenant la colère de votre propre monde !

Un écran noir et douloureux s’abattit sur la vue de Prométhée quand ce qui ressemblait de plus en plus à des racines sortant de son corps naquirent et perforèrent de l’intérieur même de ses yeux, les réduisant rapidement en charpie blanche et noire organique. Ses hurlements furent les plus effrayants qui furent entendus jusqu’à des lieux à la ronde, et firent encore bien des années plus tard couler de l’encre lors de légendes sur ce qui se passa cette nuit là. La tête de Prométhée émit des sons que même l’imaginaire humain ne peut reproduire tant ils furent ignobles, et dans une immense gerbe de sang, un arbre petit mais vigoureux sortit du corps du gardien comme du feu sort des grenades qu’ils aimaient à utiliser. Des parties de son corps s’éparpillèrent partout, mais curieusement, la plupart du sang qui devait en découler fut absorbée rapidement par les racines et les feuilles de l’arbre, lui donnant une couleur d’écorce et de feuillage lugubrement pourpre.

Ce fut bien des décennies plus tard, quand une équipe d’explorateurs-archéologues fora un puits au travers des couches de vieux métal et de pierre, qu’on retrouva ce petit morceau de couloir encore intact, préservé du temps comme un sanctuaire dédié au passé. Les archéologues prirent grand soin lors de l’exploration de ne rien abimer au risque de perdre de précieuses informations sur le mode de vie souterrain de leurs ancêtres ; Dans le rapport que feront ces chercheurs, il aura été découvert, à la surprise générale, d’un arbre dont les racines prenaient source à plusieurs mètres de profondeurs, passant au travers du métal défoncé. L’arbre était encore en vie, mais d’une très curieuse couleur rubis, le sang ayant au fil du temps prit une teinte vert feuille, il ne sera jamais mit en relation la couleur de l’arbre avec le fluide vital des Néo humains, cela restera un mystère qui restera à jamais non éclaircit malgré les très nombreuses tentatives. Cependant, quelque chose d’encore plus curieux était signalé à propos de cet arbre, dans son écorce, étaient gravé ces quelques mots :

A toi mon frère, en mémoire de ton courage, nous nous battrons,
A toi Malk, en mémoire de ton sacrifice, nous réussirons
N.


En dessous de cette inscription, était planté l’objet qui servit à écrire ce message, malgré le temps écoulé depuis celui ci, on put reconnaitre une griffe, une grosse griffe, qui malheureusement appartenait à une race disparue aujourd’hui, et donc non indentifiable faute d’archives. Au vu de la taille de cette griffe, certains scientifiques diront que c’était peut être mieux de ne pas connaître cette espèce qui devait être dangereuse.
Aujourd’hui encore, certains murmurent qu’ils ne sauront jamais à quel point ils ont eut raison


Voilà, un texte que j'ai fais la nuit dernière, j'espère qu'il vous aura plus, j'attends vos critiques si vous en avez, c'est toujours utile de se corriger sur ce qui va pas ^^





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Re: Nouvelle : Les fragments de Gaïa

Message  nirwar le Sam 25 Sep - 17:20

Une nouvelle bien sympathique ma foi !

Quelques petite fautes à déplorer mais bon, la perfection n'existe pas !


L'histoire est assez facile à suivre, mais on déplore un manque de détail. Il est vrai que l'histoire se déroule dans la nuit ou le noir, mais il y a cependant de la lumière, c'est alors l'occasion de mettre le lecteur en transe avec des petits détails délicieux.

Sinon tu devrais (si tu en as le courage et le temps) reprendre la fin, car on sens bien les 3h du mat sur la fin !

La qualité est décroissante à partir de la mort de Malk même si ça reste très correct.


Un arbre de sang ? Pas mal comme idée ! (même si j'en ai aussi dans Oriale (chez moi ça s'appelle Eprovia))


Continue comme ça, j'aime bien ton mode de réflexion !


P.S : La prochaine fois, mets ton histoire sous spoiler !
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Re: Nouvelle : Les fragments de Gaïa

Message  Lord Farsight le Dim 26 Sep - 15:54

Super, vraiment, j'adore ! La façon dont Prométhée crève est vraiment jouissive !! Niark !
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